Présence de la FAS aux Assises nationales sur le harcèlement à l’école

Mise en ligne le 09 mai 2011
Mots clés internet, harcelement, assises

La Fédération des Autonomes de Solidarité était présente aux Assises nationales sur le harcèlement à l’école organisées par le Ministre de l’Education nationale les 2 et 3 mai derniers au Lycée Louis le Grand à Paris.

Des assises pour traiter d’un sujet trop absent

Placés sous l’autorité scientifique d’Eric Debarbieux, Directeur de l’Observatoire international de la violence scolaire, ces travaux ont souligné la nécessaire prise en compte des situations de harcèlement entre élèves par les personnels d’éducation. Ces assises font suite au rapport préparatoire d’Eric Debarbieux intitulé « Refuser l'oppression quotidienne ». Ce texte analysait l'ampleur du phénomène dans les établissements et la souffrance des victimes.

Lors des débats, différentes contributions ont nourri la réflexion sur une violence en milieu scolaire trop peu traitée jusqu’à ce jour. Le sujet du harcèlement a été abordé sous ses angles pédagogique, psychosociologique, juridique mais aussi technologique. Le développement d’Internet et des réseaux sociaux ont en effet engendré une nouvelle forme de harcèlement, appelée cyber harcèlement.

Lutter contre toutes les formes de harcèlement

Ces deux journées de travail ont permis aux organisateurs, notamment à Eric Debardieux, d’exprimer un certain nombre de principes d’action :

  • Lutter contre la solitude des victimes
  • Accepter que les agresseurs puissent changer de comportement et ne pas les stigmatiser dans leur position
  • Ne pas laisser « filer » le temps et engager une vraie politique de prévention
  • Mieux former les personnels à ces phénomènes et notamment aux nouvelles technologies
  • Lutter à l’école, comme dans toute la société, contre toutes les formes de discrimination.

Les échanges ont souligné à plusieurs reprises l’importance du sujet. Il prend en compte une réelle souffrance : la souffrance d’être une victime ancrée dans sa solitude. S’il n’a jamais été question d’observer ce phénomène au regard du harcèlement moral au travail, il ne peut faire abstraction de la souffrance que lui aussi génère, même si les causes sont différentes.

Les réflexions des Autonomes de Solidarité Laïques

Alors qu’on dénombre aujourd’hui 20 millions de pages Facebook en France dont 11 millions sont activées chaque jour, nous mesurons l’ampleur prise par les réseaux sociaux et leur impact dans la relation entre élèves ou entre les élèves et les enseignants. Pour la première fois peut-être dans cette relation, les élèves semblent parfaitement maîtriser l’outil face à des enseignants démunis, qui manquent de connaissances sur l’usage de ces réseaux. Les dossiers qui parviennent aux Autonomes font souvent état de propos insultants discriminatoires, menaçants, tenus dans un pseudo anonymat. Ils donnent ainsi une impression d’immunité et d’absence de moyens d’action pour les personnes visées.

Alors qu’entre dans le métier la nouvelle génération des personnels, eux-mêmes issus de la « génération internet », le problème peut demeurer lorsque pétris de bonnes intentions, ceux-ci engagent avec leurs élèves des relations épistolaires en ne mesurant pas toujours les impacts que cela pourra avoir sur les interactions éducatives nécessaires à la vie de classe.

Pour les Autonomes de Solidarité Laïques, les personnels et leurs élèves doivent avoir une meilleure connaissance de l’usage de ces outils afin de comprendre et prévenir ce type de souffrance. Les Autonomes de Solidarité reviendront sur cette thématique tout au long de l’année prochaine et travailleront à la mise en œuvre d’un colloque national sur ce sujet, en s’attachant notamment aux nouvelles technologies.

Pour plus d'informations :

le risque, votre quotidien