Tout d’abord, le nombre d’enfants handicapés est passé de 89 000 en 2002-2003 à plus de 170 000 en 2008. Cela représente donc une hausse de plus de 90% sur 6 ans. Incontestablement, l’adoption de la loi de 2005 qui a posé le principe de l’inscription, à défaut de la scolarisation de l’enfant handicapé dans l’école de son quartier, a contribué au changement de mentalité. Changement de mentalité chez les enseignants mais aussi chez les enfants scolarisés aux côtés des enfants handicapés. L’accueil des enfants handicapés a aussi permis aux enseignants de différencier leur pédagogie pour permettre une meilleure Intégration de tous les enfants.

 

Un progrès pour la scolarisation des enfants sourds

Il n’en demeure pas moins que beaucoup trop de professeurs des écoles estiment encore ne pas être préparés à gérer les enfants handicapés faute de formation spécifique notamment au handicap mental. C’est sur ce point que l’effort de l’éducation nationale doit se porter dans les mois et les années à venir. Cette formation pourrait notamment prendre la forme d’échanges entre les établissements spécialisés et les écoles dites ordinaires. Par ailleurs, le grand apport de la loi de février 2005 a été celui de donner la possibilité aux parents d’enfants sourds de les scolariser en langue des signes. Sauf que la difficulté vient encore du fait que reste à créer les postes et élaborer les programmes, ce qui est déjà fait pour l’école primaire et dans le mois à venir pour les collèges et les lycées. Depuis septembre 2008, sont installés dans le primaire les programmes d’enseignements de la langue des signes française de la maternelle au CM2. L’éducation nationale sait donc gérer l’accueil des sourds au sein du système scolaire et de reconnaître la spécificité de leur langue. La langue des signes française est donc devenue une langue nationale de sorte que les sourds peuvent notamment recourir à l’usage de cette langue dans tout rapport avec l’administration.

 

L’égalité des droits de tous les élèves doit rester la priorité

Une circulaire du 21 août 2008 du Ministère de l’éducation nationale est venue indiquer que la loi garantissait aux parents des jeunes sourds, une liberté de choix entre une communication bilingue (langue des signes française et français) et une communication en langue française pour l’éducation de leurs enfants. Il s’agit là bien sûr d’une possibilité et non d’une obligation. La difficulté actuelle réside très certainement dans la mise en place de l’enseignement de la langue des sourds française dans les collèges et les lycées. Certes, ces programmes d’enseignement de cette langue, pour le collège, seront effectifs à la rentrée 2009-2010. Mais là encore, vient se poser le problème de la formation des enseignements et du coût de cette mise en place.
La législation française a donc indiscutablement progressé et évolué depuis l’entrée en vigueur de la loi du 11 février 2005 sur l’accueil des enfants handicapés à l’école, mais il faut avoir à l’esprit que la priorité majeure doit être celle de l’égalité des droits et des chances et de l’intégration des personnes handicapées dans notre école donc dans notre société.

Maître Benayoun, Avocat au Barreau de Toulouse. Avocat-conseil auprès de l’Autonome de Haute-Garonne
En partenariat avec la Lettre de l’Education