
Quelle est la philosophie générale du programme de formation proposé en partenariat avec l' Institut national des hautes études de sécurité et de justice?
Pierre Polivka : L' Ecole supérieure de l'éducation nationale (ESEN) a reçu mission de former l'ensemble des cadres du ministère de l'éducation nationale à la sécurité, soit près de 20 000 personnes. Quatre démarches ont été engagées dès 2009 et montent fortement en charge depuis le début de l'année. La première concerne les responsables des 184 établissements scolaires les plus exposés aux risques de violence. Il s'agit pour eux de suivre une formation pratique d'une semaine à l' Institut national des hautes études de sécurité et de justice (INHESJ) : les stagiaires sont placés en situation de vivre une crise - virtuelle, bien sûr - mais qu'il faut gérer. Le deuxième volet accompagne le déploiement des équipes mobiles de sécurité (EMS), par la formation des responsables académiques et des conseillers techniques des recteurs. Le troisième volet, peut-être le plus ambitieux, s'adresse à l'ensemble des personnels d'encadrement en activité. Sur la base d'un cahier des charges national conçu par l'ESEN, chaque académie développe un plan de formation adapté ; l'ESEN, en partenariat avec l'INHESJ, prenant en charge celle des formateurs académiques. Enfin, le dernier public concerné est celui des personnels d'encadrement stagiaires. Des modules de formation à la sécurité sont intégrés à la formation statutaire des lauréats de concours de recrutement.
Les personnels de direction n'étaient-ils déjà pas formés à ces problématiques ?
Pierre Polivka : Dans leur formation initiale, les personnels de direction reçoivent un enseignement sur la sécurité et la prévention. Face à la montée en puissance des actions d'incivilité, nous mettons un coup d'accélérateur à la sécurisation des établissements scolaires, des biens et des personnes. Il s'agit d'aider les cadres de l'éducation nationale à anticiper les risques qui existent dans le champ de l'éducation et à savoir comment y faire face.
Les formations que propose l'ESEN sont-elles en mesure de rétablir la sérénité dans les établissements ?
Pierre Polivka : Très longtemps, on a pensé que l'école était un monde idéal et protégé, on découvre aujourd'hui qu'elle est au cœur de la cité. L'agressivité croissante de la société contribue à ce que les collèges et les lycées puissent être des lieux d'affrontement. Nous croyons que, par la formation, nous pouvons préparer les hommes et les femmes de l’éducation nationale à faire face à ces situations d'instabilité.