Ouvrir l’établissement sur l’Europe

Comme l’explique Christine Ancelot, principale du collège, « le collège Le Lac est engagé dans l’expérimentation et l’innovation depuis 2006, et de manière renforcée depuis son classement en ECLAIR en 2011 [Ecoles, collèges, lycées, pour l’Innovation, l’ambition et la réussite] ». « Il affiche la volonté de devenir un pôle d’excellence pour les élèves du sedanais », complète-t-elle.

L’établissement a développé un projet d’expérimentation validé par les autorités académiques et qui concerne tous les élèves et niveaux. Cette ouverture européenne se traduit notamment par :

  • l’intégration de thématiques européennes dans les enseignements lors de temps forts (semaines interdisciplinaires, visite du Parlement européen, Journée de l’Europe, etc.) ;
  • des stages d’anglais et d’allemand organisés durant les vacances d’avril ;
  • des cours en langues étrangères : mathématiques, histoire de l’art, etc.

En partenariat avec un collège polonais, l’établissement a par ailleurs mis en place un projet sur le multiculturalisme. Durant leur cours d’anglais, les 6ème échangent régulièrement avec leurs camarades polonais autour de questions-réponses sur l’Union européenne. Le numérique se met au service de leurs échanges : la plateforme internationale eTwinning leur permet de communiquer par écrit et webcam. Comme l’explique Claire Angermann, principale adjointe du collège, « l’enjeu de telles pratiques est d’impulser une ouverture aux autres cultures ».

Développer le plurilinguisme

« Depuis 3 ans, nous sentons les élèves plus à l’aise avec les LVE (langues vivantes étrangères) », ajoute Claire Angermann. Selon elle, l’objectif est d’atteindre le niveau B1 du CECRL (Cadre européen commun de référence pour les langues), normalement attendu au lycée. Les LVE s’invitent dans les enseignements.

Certains cours de mathématiques sont par exemple donnés en anglais. L’enseignant de mathématiques travaille alors en tandem avec un professeur d’anglais. Exceptionnellement, il est possible d’avoir recours au français, par exemple pour du vocabulaire inconnu ou pour les consignes de travail. Comme le souligne Christine Ancelot, « les élèves apprécient d’avoir deux enseignants dans la même classe ».

Pourquoi ne pas s’appuyer sur l’anglais pour apprendre l’allemand ? Fabrice Fresse, professeur d’anglais, collabore également avec Myriam Fauvarque, professeur d’allemand, pour certains cours en binôme. « Ce cours s’appuie sur les deux langues : si les élèves ne connaissent pas un mot dans une langue, ils le connaissent dans l’autre », explique-t-il. Ainsi un texte allemand peut être étudié à partir de questions en anglais. Les échanges entre enseignants sont eux aussi en anglais ou allemand. Loin d’être déstabilisés, les élèves semblent tout à fait à l’aise avec ce mécanisme intellectuel. Christine Ancelot le souligne : « la confusion entre les langues étrangères semble s’amenuiser lors des cours plurilingues et lors des évaluations ».

Décloisonner les enseignements

Cette ouverture européenne modifie les pratiques des enseignants : le développement du co-enseignement permet aussi de croiser les regards sur l’évaluation des compétences. La communauté éducative se fédère autour de ce projet.

Comme l’explique Claire Angermann, « ces projets créent un autre climat dans l’établissement. Le projet de tutorat inter-niveaux a un impact important en termes de responsabilisation et d’autonomie des élèves, favorisant le vivre ensemble au sein du collège ».

Vers une labellisation « établissement européen »
Le collège Le Lac fait des établissements expérimentaux de ce dispositif de l’Académie de Reims. Des collèges et lycées volontaires sont alors accompagnés dans la mise en œuvre d’une démarche globale d’ouverture européenne impliquant l’ensemble des élèves. Elle se traduit par la généralisation d’actions d’ouverture européenne et d’enseignement de disciplines en partie en langue étrangère.
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