Sa biographie

François Guizot naît à Nîmes en 1787 dans une famille protestante. Son père, avocat, fut condamné à mort sous la Terreur ; sa mère l’emmène avec son frère à Genève afin de leur assurer une bonne éducation. Autodidacte, il rédige pendant trois ans, avec sa première femme Pauline de Meulan, « les annales de l’éducation ». Il acquiert vingt ans d’expérience universitaire, politique et administrative avant de devenir Ministre de l’Instruction Publique à l’âge de 45 ans, grâce à son ami le Duc de Broglie et malgré l’hostilité du roi Louis Philippe 1er et d’Adolphe Thiers.

La loi Guizot (1833) est la mise en œuvre d’un système d’enseignement primaire public dispensé par un laïc ou un religieux. Les trois années qui suivent marquent une période de l’Histoire nationale. Mais la rigidité politique de Guizot est une des causes de la Révolution de 1848.

Il passe la fin de sa vie à écrire en Normandie et proche de ses enfants. Il meurt en 1874.

 

La loi Guizot du 28 juin 1833

Sous la Restauration, l’enseignement par les congrégations religieuses est toléré et les programmes scolaires évoluent dans un esprit religieux.

La loi Guizot soutient la liberté d’enseignement et établit une complémentarité entre l’État et les Églises. Elle comporte vingt-cinq articles et anticipe les lois Ferry sur la laïcité, la gratuité et l’obligation de l’école (1881-1882).

L’instruction primaire concerne les niveaux élémentaire et supérieur, du secteur public et privé.

  • Ses enseignements : l’instruction morale et religieuse, la lecture, l’écriture, la langue française, le calcul et le système légal des poids et mesures.
  • Les conditions d’exercice de la profession d’instituteur : l’âge, l’honorabilité, le brevet (art. 4, 5, 6 et 7) mais aussi les fautes (art. 23).
  • La participation des communes : chaque commune doit financer une école de garçons (art. 9) et entretenir un instituteur (art. 12, 13, 14 et 15).
  • La formation des enseignants : François Guizot prévoit encore une école normale par département pour former les enseignants et met en place le corps des inspecteurs.

La loi participe à l’alphabétisation de la France et l’instituteur est élevé à la dignité de fonctionnaire public. 17 ans après, la loi Falloux, rend l’école obligatoire pour les filles des communes de plus de 800 habitants.

 

L’enquête Guizot

François Guizot crée un manuel de l’instruction primaire, sous la direction du professeur Jacques Matter. Pour suivre l’application de sa loi, il crée 490 postes d’inspecteurs (bénévoles) qui réalisent sur la France entière, une vaste enquête autour de 34 questions posées aux maîtres. Les aspects administratifs, financiers, matériels et pédagogiques des écoles sont ainsi collectés. Cela lui permet d’orienter l’action du gouvernement et d’adresser plusieurs circulaires. L’enquête Guizot est à la fois politique, sociologique et permet de mieux connaître les maîtres d’école.

 

Citations

« Ce n’est pas dans ses effets qu’on attaque un mal, mais dans sa cause. »

« Les évènements sont plus grands que ne le savent les Hommes. »

 

Sources

www.inrp.fr ; www.guizot.com ; www.larousse.fr

« Essais sur l’Histoire de France »

Voir aussi Les Cahiers de l’éducation n°39 de septembre 2010 : F.Guizot  et l’enseignement.