La Masterisation, une réforme condamnée par la Cour des comptes

Mise en ligne le 13 mars 2012

Mise en place à la rentrée 2010, la Masterisation visait à élever le niveau de recrutement des enseignants du 1er et du 2nd degré, tout en instaurant de nouvelles modalités de formation avant et après les concours. Face à des économies difficilement chiffrables et des dysfonctionnements constatés, la Cour des comptes suggère de revoir la copie.

« Un chiffrage incomplet des économies et des coûts »

La question des économies annoncées par la réforme est le premier élément pointé du doigt par le rapport de la Cour des comptes. En effet, « la réforme du recrutement et de la formation des enseignants a permis, à court terme, une diminution des dépenses publiques » évaluée à 369,7 millions d’euros sur 2011. Toutefois, « ses effets financiers à moyen terme en sont pas connus avec la précision souhaitable ».

Des limites structurelles

La Cour des comptes constate tout d’abord que les enseignants stagiaires semblent moins formés. A la rentrée 2010, 70% des enseignants recrutés au mois de juin précédent n’avaient aucune expérience de l’enseignement. Cependant durant l’année scolaire 2010-2011, 23% d’entre eux n’étaient pas dans le même établissement que leur tuteur, et 73% d’entre eux jugeaient leur journée de formation inadaptée à leurs besoins. Selon la Cour, la réforme « ne garantit pas que les enseignants bénéficient désormais d’une formation initiale plus professionnalisante » et souffre d’un « défaut d’articulation avec les objectifs de l’enseignement scolaire ». La Cour pointe un problème plus grave à moyen terme pour le recrutement et la qualité, constatant que les inscriptions aux concours ont diminué d’un tiers entre 2010 et 2011.

Plusieurs recommandations

Au-delà des « indispensables progrès à accomplir dans l’organisation de la 1ère année de fonction des enseignants stagiaires », la Cour des comptes formule quatre recommandations.

  • Tout d’abord, « élaborer un référentiel de formation pour les masters débouchant sur les concours de recrutement des enseignants, prévoyant notamment des durées minimales de formation des étudiants en milieu professionnel ».
  • Les concours de recrutement pourraient également être améliorés, en les organisant « avant ou au début des masters », pour que des étudiants ne soient pas formés, en cas d’échec, « à un métier qu’ils ne pourront pas exercer ».
  • « accorder des décharges de service aux enseignants stagiaires (…) en fonction de la difficulté spécifique de leur affectation ».
  • Dans ces propositions, l’évaluation de l’adéquation des actions de formation aux besoins des enseignants n’est pas oubliée, la Cour des comptes propose de « mettre en place un système d’information et de recueil des données ».

Pour la FAS, une réforme génératrice de risques

La Fédération des Autonomes de Solidarité a, à plusieurs reprises, exprimé que la formation actuelle ne permet pas aux jeunes enseignants de se préparer à la prise de fonction, notamment face à la gestion d'un groupe d'élèves, ou encore la gestion des relations parents-personnels de l’éducation. La Masterisation, dans sa forme actuelle, s'avère au final génératrice de risques.

 

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