* Le numérique éducatif : un portrait européen, Ministère de l’Éducation nationale, avril 2014

Les réseaux sociaux en classe 

Les blogs ont été rapidement utilisés par les acteurs éducatifs pour rendre compte de la vie de la classe ou à l’occasion d’une sortie scolaire. Certains enseignants ont devancé le lancement du service public du numérique éducatif en juillet 2013 en expérimentant l’usage des réseaux sociaux à des fins éducativesLes premiers usages de Twitter et de Facebook dans des classes françaises remontent à 2009. Vincent Bouba, enseignant à l’ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire) du collège Jules Michelet de Beauvais (Oise), expérimente depuis janvier 2012 l’utilisation de Twitter en classe. Le compte @ulismicheletbvs vise à « parler d’événements propres à la classe (projets scolaires, stages professionnels, etc.) avec une exigence en matière d’orthographe, de syntaxe et de maîtrise de l’écrit ». « Ce compte est également utilisé pour prendre des photos, les redimensionner et les mettre en ligne », complète-t-il. Vincent Bouba revient sur les bénéfices de cette utilisation de Twitter en classe : « elle engage les élèves dans la société dans laquelle ils vivent », tout en soulignant que « l’intérêt pour l’interactivité de l’outil peut être un facteur de motivation supplémentaire pour les élèves ». 364 classes sont aujourd’hui référencées en tant que twittclasses (source).

Au-delà de l’enseignement de l’écriture et de la lecture, ces initiatives pionnières concernent l’éducation aux médias, l’enseignement des langues, de la littérature, ou encore de l’Histoire. Audrey Guilbaud-Varachaud, enseignante-documentaliste en collège à Bayonne a par exemple monté un projet sur Facebook mobilisant à la fois Histoire et techniques documentaires. Le carnet de bord de son expérimentation est en ligne. Les outils numériques peuvent être des moyens efficaces pour apprendre à lire, à écrire, à rechercher de l’information sur le web, mais doivent nécessairement s’accompagner d’une éducation au numérique et de règles de conduite. 

 

L’importance des chartes de bonne conduite

Pour sa classe d’ULIS, Vincent Bouba explique sa démarche : « la charte de bonne conduite du collège encadre les usages numériques. J’échange avec les élèves au fil des publications et des usages pour favoriser les prises de conscience ». Me Ricchi, avocat-conseil de l’ASL de Haute-Savoie, souligne l’importance des chartes d’utilisation de l’Internet, des réseaux et des services multimédias : « une charte de bonne conduite a une valeur contraignante. Si un élève ou un parent d’élève ne la respecte pas des sanctions pourront être prononcées contre lui et éventuellement des poursuites judiciaires si le non-respect est consécutif d’un délit ».

Vidéo sur les clefs d’une pratique sécurisée d’Internet

Des outils complémentaires

La refondation de l’école a ouvert un nouveau chapitre pour le numérique à l’école : « élément clé de la refondation de l’École, la diffusion des usages du numérique dans l’enseignement constitue un puissant levier de modernisation, d’innovation pédagogique et de démocratisation du système scolaire », selon le Ministère de l’Éducation nationale. Cette orientation trouve un écho dans la société française : 77% des Français estiment que le développement des technologies du numérique a des conséquences positives dans l’enseignement (Les Français et le numérique – 2011-2014, étude TNS-SOFRES).

Toutefois selon une comparaison européenne publiée en avril 2014, « le numérique se révèle plus efficace en tant que complément à l’enseignement traditionnel que comme substitut » (Le numérique éducatif : un portrait européen, Ministère de l’Éducation nationale). Le développement du numérique à l’école dépendra étroitement de la formation des personnels : « la formation des enseignants est un élément essentiel et devrait aller au-delà d’une formation technique sur l’utilisation des outils numériques », conclut l’étude.

La valeur éducative de ces outils et ressources dépend de l’intention pédagogique de son utilisateur. Utilisées à bon escient, les technologies de l’information et de la communication (TIC) peuvent participer à la réussite et à l’autonomie des élèves. L’enjeu est d’en faire un usage responsable et sécurisé.