Aménagement des cours d’école

L’aménagement d’une cour d’école doit prendre en compte l’effectif des élèves et les différentes utilisations de cet espace (accueil, garderie, récréation, séances d’EPS, accompagnement éducatif, etc.). L’aménagement et l’entretien des espaces ainsi que l’installation et l’entretien des matériels mis à la disposition des élèves relèvent de la compétence des municipalités pour le premier degré et impliquent la collectivité de rattachement pour les établissements publics locaux d’enseignement (EPLE). Il revient au directeur d’école ou au chef d’établissement et au conseil d’administration pour les EPLE d’être vigilants en matière de sécurité des locaux, des matériels et des espaces. Ils doivent signaler tout risque constaté à la collectivité de rattachement et à leur hiérarchie. Le Décret n° 94-699 du 10 août 1994 fixe les exigences de sécurité relatives aux équipements d’aires collectives de jeux.

« La protection de l’enceinte scolaire permet d’éviter de manière importante les violences et les outrages », souligne Me Tartanson, avocat-conseil de l’Autonome de Solidarité Laïque du Vaucluse. Toutefois cette protection peut parfois être contestée. Jean-Pierre Castello, directeur de l’école élémentaire de Belleville, a souhaité agir après l’intrusion d’un parent d’élève dans son établissement, qui a d’ailleurs abouti à une condamnation. Suite à cet incident, une affiche a été placardée à l’entrée de l’école mentionnant les peines encourues en cas d’intrusion. La construction d’un sas de protection a également été discutée en conseil d’école. Mais les parents d’élèves ont finalement refusé ce projet jugé trop sécuritaire.

Sensibilisation et prévention

La circulaire de rentrée 2010 n° 2010-038 du 16 mars 2010 rappelait « la nécessité de mettre en œuvre une démarche de prévention en direction des parents et personnels » sur la question des jeux dangereux.

Trop informer les élèves sur le sujet pourrait leur donner de mauvaises idées. C’est la position de Jean-Pierre Castello, Président de l’ASL de Paris et directeur de l’école de Belleville, qui a notamment choisi de ne pas faire d’information sur le sujet dans son établissement. « Il n’y a pas eu de cas de jeux dangereux signalés dans l’établissement jusqu’à présent », souligne-t-il.

Au sein des établissements du second degré, la prévention des jeux dangereux relève du comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC). Maryse Vidal, infirmière scolaire au collège Madame de Sévigné (Perpignan) depuis 11 ans, explique que le CESC de son établissement n’a pas choisi de sensibiliser les élèves sur ces questions. Elle rappelle également les clefs de la prévention : « quand on fait de la prévention avec les adolescents, il ne faut pas se contenter de distribuer un prospectus, l’intérêt est de dialoguer avec eux et de ne pas stigmatiser. Cela permet ainsi de combattre les idées reçues et les angoisses ».

Au sein même de la cour de récréation, les équipes éducatives font face à de nouveaux risques. La prévention de ces dangers passe par une meilleure formation des personnels à une surveillance efficace de la cour de récréation mais aussi par une bonne maitrise du cadre réglementaire. En cas de litige, une des missions principale des ASL est d’épauler les enseignants par le biais des avocats-conseil, des correspondants dans les établissements et des collègues-militants.