En quoi consistent vos missions ?

Stéphane Caron : En tant que Coordinateur Risques Majeurs, Christophe Martinez coordonne au niveau académique les actions relatives à la prévention des risques majeurs qui intègrent désormais les questions liées au risque attentat intrusion. Il conseille les chefs d’établissement sur l’organisation des exercices PPMS [plan particulier de mise en sûreté]. Il veille à ce que tous les exercices se déroulent au mieux et anime des groupes de travail pour élaborer des ressources permettant d’accompagner au mieux les écoles et les établissements. Je suis, pour ma part, responsable de la formation des personnels d’encadrement de l’Académie de Rennes.

Qu’ont changé les consignes de sécurité annoncées à la rentrée 2016 dans l’Académie de Rennes? 

Christophe Martinez : Suite à l’instruction du 29 juillet 2016, la sécurisation des établissements de notre Académie a été un dossier prioritaire. De nombreux acteurs se sont mobilisés pour mettre en œuvre un plan d’actions  académique qui s’est concrétisé notamment par la structuration d’une cellule académique de gestion de crise, des tests d’alerte SMS, la désignation de personnes référentes, des exercices de gestion de crise en lien avec les préfectures, mais aussi la mise à disposition de ressources pour les établissements et le déploiement d’un important dispositif de formation initiale et continue des personnels d’encadrement à la gestion de crise. Un accent a par ailleurs été mis sur le secourisme avec la formation d’élèves de 3ème.

La collecte des informations est essentielle en cas de crise et doit être la plus rapide possible. A cette fin, les services du rectorat ont développé une application permettant d’accéder rapidement aux informations utiles en cas de crise, notamment aux PPMS ainsi qu’aux plans des écoles et des établissements à partir de l’espace numérique de travail. Il est prévu que l’accès à ces documents soit prochainement ouvert aux services des préfectures.

Une application est en cours de déploiement dans les 1er et 2nd degrés pour déclarer en ligne les voyages et sorties scolaires. Cette application, qui sera renseignée directement par les écoles et les établissements, permettra d’identifier rapidement les élèves et personnels présents dans un lieu précis en cas d’événement grave à l’étranger.

Les écoles et les établissements disposent tous désormais d’un correspondant « police ou gendarmerie – sécurité de l’école » qui joue un rôle de conseil essentiel dans la sécurisation des bâtiments. Les collectivités propriétaires ont sollicité le Fonds Interministériel de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation (FIPDR) pour réaliser les travaux de sécurisation à la lumière des PPMS. Les diagnostics de sécurité sont en cours d’actualisation.

Une mobilisation importante de l’ensemble des acteurs de l’académie est observée à tous les niveaux !

Comment se sont déroulés les modules de formation à la gestion de crise ?

Stéphane Caron : Nous avons terminé en avril dernier une session de formation dans les quatre départements de l’académie. Dans chacun des départements, ce dispositif pilote se déroulait en deux temps :

  • Le matin, une plénière réunissait tous les chefs d’établissement des collèges et lycées, les gestionnaires, les IEN du 1er degré, soit entre 200 et 300 personnes selon les départements.
  • L’après-midi, des ateliers de mise en situation étaient supervisés par la préfecture de chaque département avec l’intervention de partenaires externes : police-gendarmerie, sapeurs-pompiers, SAMU, le service responsable de la gestion de crise au sein des préfectures, les associations agréées de sécurité civile, l’ARS, les mairies, mais aussi les avocats-conseil et les Présidents des ASL de notre Académie. Le Rectorat est en effet lié par une convention à l’ASL des Côtes-d’Armor pour la formation initiale et continue des personnels.

Ce projet pilote de l’Académie de Rennes a été présenté à la Ministre de l’Education nationale le 13 avril 2017 et va désormais être déployé localement à travers les 12 bassins de la région académique. A la fin de l’année 2017, plus de 1 000 cadres des établissements et services déconcentrés de Bretagne auront été formés à la gestion de crise.

Le ressenti des parents a-t-il changé ?

Christophe Martinez : Nous sommes sur une notion de risque qui, par définition, est subjective même si le risque est susceptible de concerner l’ensemble du territoire national. Toutefois, pour nos personnels, comme pour la population, nous constatons une véritable prise de conscience qui intègre bien les mesures de sécurité. Par exemple, le contrôle aléatoire des sacs et le filtrage à l’entrée lors de journées portes ouvertes sont bien perçus par les parents.

Ces consignes ont-elles modifié l’organisation des sorties scolaires ? 

Christophe Martinez : Les obligations relatives à l’organisation des sorties scolaires n’ont pas été modifiées. La déclaration des voyages scolaires à l’étranger au Ministère des Affaires Etrangères ainsi qu’au Délégué Académique aux Relations Européennes et Internationales reste obligatoire. L’attentat de Londres en mars 2017, qui a malheureusement touché plusieurs élèves de l’Académie de Rennes, a permis un travail de structuration de l’ensemble des services du Ministère de l’Education Nationale et du Ministère des Affaires Etrangères pour se mettre au service des élèves et des familles.

Concernant les sorties scolaires dans et hors de l’académie, une procédure de déclaration par voie numérique est en cours de déploiement afin de trouver l’information rapidement en cas de d’événement grave. La cellule de crise académique s’est par ailleurs structurée autour d’un protocole spécifique.

Comment se sont déroulés les exercices « attentat-intrusion » ?  

Christophe Martinez : Globalement, ces exercices ont été mis en œuvre dans  la majorité des écoles et des établissements, même s’ils ont suscité parfois des interrogations sur la façon d’aborder le sujet de l’attentat avec les élèves. Nous constatons là encore une prise de conscience réelle de la part de l’ensemble de la communauté éducative sur la nécessité de prendre en compte ce type de risque dans la vie des établissements de façon pérenne. L’appui des partenaires extérieurs tels que les correspondants police-gendarmerie-sécurité de l’école est très apprécié.

Comment vos actions sont-elles structurées ? 

Christophe Martinez : Des conseillers sécurité et des correspondants départementaux risques majeurs sont positionnés auprès des DASEN et accompagnent les écoles et les établissements sur les PPMS et la sécurisation des bâtiments. Nous nous réunissons régulièrement pour coordonner nos actions en lien avec les référents sûreté Education Nationale. Mon action consiste aussi à relayer les consignes ministérielles aux écoles et aux établissements. J’apporte un appui aux services du rectorat chargés de développer les applications numériques mises à disposition des écoles et des établissements concernant les PPMS, plans, voyages scolaires.