Le collège Georges Brassens de Narbonne accueille 436 élèves issus du quartier St Jean St Pierre, classé ZUS, et de quatre villages des Corbières. Depuis trois ans, à l’initiative d’André Roux, le principal et en partenariat avec l’association Maison des Potes, la direction du collège se rend chaque année dans les familles du quartier pour parler de tout ce qui préoccupe les parents : vie scolaire (carnet de liaison, …), devoirs, options, rôle du conseil de classe, lecture des bulletins trimestriels, contact avec les enseignants, orientation… D’autres familles sont invitées à partager ce moment convivial d’échange. Marie-Laurence Cané, qui remplace André Roux pour quelques mois, a repris cette tradition désormais bien ancrée et se dirige par un après-midi de novembre ensoleillé vers l’un des immeubles HLM du quartier voisin. Fabrice Barthélémy, le principal adjoint, l’accompagne, ainsi que Patricia Suchaud, la coordinatrice du Réseau Education Prioritaire, Karima Belkacem, médiatrice de l’association « La Maison des Potes » et une mère d’élève qui connaît déjà bien le collège. L’équipe est accueillie avec beaucoup de chaleur par Mme X, autour d’un thé à la menthe et de quelques galettes. « Nous avons souhaité réunir les mamans d’élèves de sixième cette année, afin d’expliquer le fonctionnement du carnet de liaison, explique Marie-Laurence Cané aux mères déjà présentes. Car parfois, on s’aperçoit que les mamans le signent sans faire attention. » L’équipe du collège est très soucieuse de recueillir l’avis des mères rassemblées dans cette salle à manger sur le carnet de liaison. « Vous paraît-il facile à compléter ? » s’inquiète la principale, qui explique que ce carnet fait « la liaison entre vous et nous, le collège » et doit toujours rester dans le cartable. Il est vrai que, pour les parents d’élèves, le passage de l’école au collège est un peu brutal. « Certaines mamans ne maîtrisent pas les différentes options offertes en sixième » fait remarquer Karima Belkacem. La principale reconnaît que les options sont une des nouveautés du collège et s’engage à faire un effort d’information au moment des dossiers d’inscription, quitte à en parler dès le CM2. Elle profite aussi de la rencontre pour préciser certains points administratifs comme les absences, la note de vie scolaire ou le déroulement des rencontres parents-professeurs. La réunion se termine dans une ambiance détendue, ayant offert à chacun la possibilité de poser toutes les questions qui les taraudaient. Chaque mère d’élève repart rassurée, avec l’envie d’en parler autour d’elle.

 Un climat scolaire serein

« C’est le sujet de conversation des mamans du quartier » admet Karima Belkacem, qui les connaît bien. L’objectif de ces rencontres est justement de briser la glace et de faire fonctionner le bouche à oreille. « Comme la communication avec les familles n’est pas facile, nous multiplions les canaux (site Internet, carnet de liaison, SMS, rencontres et réunions…) et les angles d’attaque pour parler d’un même sujet » précise Fabrice Barthélémy, satisfait des résultats obtenus depuis trois ans par le programme d’ouverture du collège aux parents mis en place dans le cadre de la Politique de la Ville. « Je trouve que le climat scolaire s’est amélioré, actuellement l’atmosphère est assez sereine », constate-t-il. Pour preuve, de meilleurs résultats au brevet des collèges, avec 50 % de mentions, une orientation en seconde générale en progrès, un effectif d’entrée en sixième en hausse et seulement deux conseils de discipline l’an dernier, dont un seul a prononcé une exclusion. « Grâce à ce programme, les parents d’élèves ont confiance dans l’établissement. Ils ont moins d’appréhension à rentrer dans le collège, à assister aux réunions d’information ou à rencontrer les professeurs. Les mamans prennent d’elles-mêmes rendez-vous avec le professeur principal désormais, sans passer par l’intermédiaire de la médiatrice », remarque, de son côté, Karima Belkacem.

L’année est ainsi jalonnée de rendez-vous réguliers, placés sous le signe de la convivialité. En janvier, les parents sont invités à une réunion thématique avec les partenaires associatifs au cours de laquelle le collège offre thé et café. En mars, c’est le traditionnel goûter des spécialités, où chaque famille apporte une de ses recettes « maison ». Enfin, une réunion bilan est organisée au mois de mai. Sans oublier les soirées théâtre, les après-midi de découverte des métiers ou la rencontre des futurs parents d’élèves dans les écoles du secteur. L’objectif est chaque fois de mieux se connaître et de briser les représentations négatives des enfants et des parents vis-à-vis du collège. « On ne chassera pas de l’esprit des habitants que le collège est implanté dans un quartier en ZUS. La meilleure façon de changer les mentalités, c’est que les parents se rencontrent et constatent par eux-mêmes que les élèves sont bien accueillis, intelligents et capables », conclut Marie-Laurence Cané, avec optimisme et volontarisme. Une expérience à suivre et à généraliser, sans aucun doute.