Biographie

Il est fils unique d’un père tué en manœuvre cinq semaines après sa naissance et d’une mère dévote. Il a été élevé chez les jésuites et par un oncle évêque. Il hait ses premiers maîtres mais est néanmoins précoce et brillant. Mathématicien, philosophe et politique, sa curiosité est insatiable. C’est un ardent défenseur de l’égalité entre les hommes, de l’égalité des sexes, du droit de l’accusé devant la justice, du respect des enfants. Cela lui vaudra des inimitiés et l’obligera même à fuir et se cacher chez Rose-Marie Vernet à Paris où il écrira son « Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain » ouvrage qui servira de philosophie positiviste à Auguste Comte.

Bien que non-éducateur il publie le 20 avril 1792 son « Rapport de projet sur l’instruction publique » et révolutionne les institutions scolaires en les réformant. Sa conception philosophique de l’instruction est de « cultiver dans chaque génération les facultés physiques, intellectuelles et morales et ainsi contribuer à ce développement graduel de l’espèce humaine, dernier but vers lequel toute institution sociale doit être dirigée ».

Un précurseur

Dans son rapport, Condorcet prévoit déjà cinq degrés de l’instruction publique très similaires à notre système éducatif actuel : vers une école publique, laïque, gratuite et universelle. Les quatre premiers niveaux doivent être gratuits.

  • Un premier degré obligatoire où l’on y enseigne les bases : lecture, écriture, calcul, morale, économie et science de la nature.
  • Une école secondaire : grammaire, histoire géographie, une langue étrangère, les arts mécaniques, le droit et les mathématiques. Ces deux degrés proposent un enseignement non spécialisé.
  • Les instituts à option : mathématique physique, sciences morales et politiques, sciences des arts ou littérature.
  • Le lycée équivalent de nos universités.
  • La société nationale des sciences et des arts qui a un rôle de recherche.

La perfectibilité de l’être humain

Très tôt Condorcet prône la transmission de savoirs utiles à tous : l’enseignement des lois politiques et des sciences est du ressort de l’Etat, celui des lois divines regarde l’Eglise. Il veut briser le monopole du clergé catholique en matière scolaire. Il distingue clairement l’éducation de l’instruction qui doit être la même pour tous les citoyens. Devant l’idéologie révolutionnaire victorieuse il réaffirme la nécessité de développer l’usage critique de la raison individuelle. Il développera alors le « progrès de l’esprit humain ». Condorcet croit en la perfectibilité de l’être humain se référant aux siècles passés. Pour lui, on peut espérer que le progrès se poursuive dans le futur, chacun doit se prendre en main et tout individu est doté d’une raison suffisante pour cheminer dans le savoir et se guider dans l’existence. Mais pour cela il faut en avoir les bases et les moyens : c’est le but assigné à l’instruction et à son savoir élémentaire. Ce savoir fera tendre l’individu vers la liberté ou du moins il sera suffisamment instruit pour ne pas être dupe des autres.

Citations :
« La vérité appartient à ceux qui la cherchent et non point à ceux qui prétendent la détenir » (discours sur les conventions nationales)
« Il ne peut y avoir ni vraie liberté ni justice dans une société si l’égalité n’est pas réelle » (journal d’instruction sociale)

 

Sources

Sites
 : laicite-aujourdhui.fr et atheisme.free.fr
Ouvrages : Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée. Condorcet par B. Jolivet
Les enfants de Condorcet de Jean-Claude Barbarant. 

Autre référence 

Condorcet, un intellectuel en politique d’Isabelle et Rober Badinter