Pouvez-vous présenter l’APAJH ?

L’APAJH est née en 1962 de la volonté d’une institutrice de classe de perfectionnement. La fédération APAJH a ensuite dépassé le cadre de l’école pour élargir son action à tous les handicaps et à tout âge de la vie.

L’APAJH réunit en effet des femmes et des hommes qui veulent faire avancer la réflexion et l’action en faveur des personnes en situation de handicap. Aujourd’hui l’APAJH intervient sur tout le champ du handicap à travers 14 000 collaborateurs répartis sur 95 départements et 680 établissements.

Cette force collective repose sur les valeurs de laïcité, de citoyenneté et de solidarité. Pour l’APAJH, la laïcité se traduit par un espace public commun à tous les citoyens sans exception, égaux en droits et en devoirs. Pour l’APAJH, il est aussi primordial de favoriser la pleine citoyenneté des personnes en situation de handicap par l’accès à l’école, à la formation et à tous les domaines de la vie. L’enjeu est de lutter contre la discrimination et l’exclusion et changer le regard porté sur les personnes en situation de handicap. Le handicap peut, par ailleurs, entrer dans toute vie humaine et nous militons pour une approche collective du handicap fondée sur la solidarité nationale, indispensable à la cohésion sociale.

Dans quel contexte s’inscrit votre action ?

La place des personnes en situation de handicap a évolué ces dernières années avec des avancées sur le plan législatif et réglementaire (lois de 2002 et 2005). Pourtant, au quotidien, de nombreux obstacles empêchent la personne en situation de handicap d’être un citoyen à part entière, de pouvoir aller à l’école en milieu ordinaire, d’exercer un travail, de se déplacer, de faire ses démarches administratives, etc. L’APAJH milite pour une société du vivre ensemble où la personne en situation de handicap est un citoyen à part entière, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs.

Quels sont vos niveaux d’intervention ?

L’APAJH intervient sur l’ensemble du champ du handicap à travers trois niveaux d’intervention :

  • 95 associations départementales : maillon essentiel de la fédération, regroupant des militants qui agissent au quotidien au service de la personne accompagnée et qui gèrent des établissements et services ;
  • 680 établissements en gestion nationale ;
  • Au niveau national, la fédération intervient à tous les niveaux de l’Etat, auprès des ministres, dans les commissions nationales et groupes de travail pour faire bouger les lignes pour tendre vers une société véritablement inclusive.

Quelles actions menez-vous dans les établissements scolaires ?

Nous avons adopté en 2014 notre Charte pour l’accessibilité universelle qui inclut une feuille de route de la maternelle au lycée. L’inclusion scolaire repose tout d’abord sur le milieu ordinaire. Chaque enfant en situation de handicap a en effet droit à une scolarité en milieu ordinaire, comme les autres, avec ou sans accompagnement.

Nous avons également signé en 2013, avec le ministère de l’Education nationale et le ministère des Affaires sociales une convention cadre pour créer  des synergies entre l’Education nationale et le secteur médico-social pour une école qui s’adapte aux différences,

Une coopération dans trois domaines, pour des solutions nouvelles, concertées et adaptées :

  • la formation des acteurs de l’Education nationale ;
  • l’amélioration des parcours scolaires ;
  • la personnalisation et l’accessibilité pédagogiques.

L’Ecole de la République doit jouer un rôle essentiel pour que chaque enfant, chaque élève, quelles que soient ses difficultés, construise un parcours de formation qui lui permette de s’insérer dans la collectivité, de réaliser son projet de vie et d’être un citoyen à part entière.

Quelles sont les difficultés rencontrées et les leviers d’action ?

Quand il y a des notifications d’inclusion scolaire émanant de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) et de la CDAPH (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées) avec ou sans AVS, il faut que l’Education nationale respecte ses engagements. Ce n’est pas toujours évident, y compris pour faire accepter par les établissements scolaires l’inclusion d’un élève en situation de handicap avec ou sans AVS. Les accompagnants sont dans une situation précaire et manquent parfois de formation. Il est important que l’Education nationale, le médico-social et la santé collaborent mieux pour être en capacité d’accueillir et de répondre aux besoins des accompagnants.