De réelles avancées

La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a inscrit dans le droit la scolarisation de ces élèves : « tout enfant handicapé est de droit un élève, acteur de ses apprentissages » (article 19). « Pour ces élèves, cette loi a créé un droit à l’éducation, une obligation d’accessibilité, et une allocation de moyens pour mettre en place un accompagnement », explique José Puig, Directeur de l’INS HEA (Institut national supérieur de formation et de recherche pour l’éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés).

Un bilan quantitatif positif*
nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés multiplié par deux (258 710 élèves concernés) ; 
quatre fois plus d’élèves bénéficiaires d’une aide individuelle ou mutualisée (109 100 élèves concernés) ; 
– 1 500 millions d’euros consacrés à la scolarisation de ces élèves, soit trois fois le budget de 2005 ; 
69 000 accompagnants pour ces élèves, dont 5 000 en CDI.
* chiffres de septembre 2014, Ministère de l’Éducation nationale

« Derrière ces chiffres très positifs, des difficultés persistent », explique José Puig. Il souligne notamment l’affaissement des effectifs tout au long du parcours du scolaire : « le nombre d’élèves décroit progressivement après la maternelle car la stabilité de leur parcours est plus fragile que les autres ».

Un accompagnement des élèves à renforcer

« Professionnaliser la fonction des accompagnants » est l’un des défis pointé dès 2013 par le rapport de Pénélope Komitès car « ces personnels ont été recrutés à des niveaux de formation initiale divers et dans un cadre d’emploi précaire » (consulter le rapport). Selon José Puig, « l’accompagnement humain est en voie d’amélioration avec la pérennisation progressive des auxiliaires de vie scolaire (AVS), mais aussi la création d’ici la fin de l’année scolaire 2014-2015 d’un diplôme d’État d’accompagnant des jeunes handicapés ».

 

Une formation pour tous les personnels

Face à l’application de la loi de 2005, la Fédération des Autonomes de Solidarité et l’INS HEA ont formulé dès 2007 plusieurs propositions en termes de formation des personnels. Parmi celles-ci figuraient, « une formation spécifique dans le cadre de la formation initiale pour tous les personnels », tout en proposant que « des moments de formation en commun puissent réunir l’ensemble des personnels d’un établissement ». « La formation initiale des personnels était absente de la loi de 2005, mais la loi sur la refondation de l’école a inscrit l’obligation pour les ESPE de créer des modules sur les élèves en situation de besoins particuliers », rappelle José Puig. Depuis 2013, ces modules se déploient progressivement dans les ESPE (Écoles supérieures du professorat et de l’éducation). Comme le souligne José Puig, « le handicap n’est pas simplement l’affaire d’enseignants spécialisés, il concerne tous les acteurs de l’école ». Le rôle des enseignants spécialisés évolue quant à lui vers « un rôle de conseil, de personne ressource pour les autres enseignants ».

 

L’intégration de tous les élèves

« L’enjeu de la formation va être de diffuser une culture inclusive à tous les niveaux (de la maternelle à l’université) et pour tous les personnels », complète-t-il. « Le défi n’est plus de faire entrer ces élèves dans l’école, mais qu’ils puissent réussir leur scolarité avec les mêmes chances que les autres ». Il est considérable : selon un sondage Ifop de février 2015, seules 43% personnes handicapées estiment que l’intégration dans les écoles s’est améliorée en 10 ans.