Un bilan quantitatif positif

Le nombre d’élèves en situation de handicap accueillis à l’École a plus que doublé depuis 2005, avec 300 815 élèves concernés en 2016-2017. « Pour ces élèves, cette loi a créé un droit à l’éducation, une obligation d’accessibilité et une allocation de moyens pour mettre en place un accompagnement », explique José Puig, Directeur de l’INS HEA (Institut national supérieur de formation et de recherche pour l’éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés).

Les chiffres de l’inclusion des personnels en situation de handicap sont aussi positifs. Au cours de l’année 2016, au sein du Ministère de l’Éducation nationale :

  • 1 623 BOE (Bénéficiaires de l’Obligation d’Emploi) ont bénéficié d’au moins un aménagement de leur poste de travail (mobilier, matériel informatique, étude ergonomique, etc.), soit +14% depuis 2014 ;
  • 1 006 agents en situation de handicap ont été accompagné(e)s par un(e) auxiliaire dans l’exercice de leurs activités professionnelles, soit +20% depuis 2014 ;
  • 959 travailleur(e)s handicapé(e)s ont reçu des aides afin d’améliorer leurs conditions de vie (transports, prothèses, etc.) soit +20% depuis 2014.

Les personnels de l’éducation concernés doivent entreprendre les démarches auprès des MDPH (Maisons Départementales des Personnes Handicapées) pour obtenir la reconnaissance de travailleur handicapé et bénéficier des droits qui y sont associés.

Le parcours de scolarisation des élèves

Les conditions de la scolarisation d’un élève en situation de handicap varient selon la nature et la gravité de son handicap. Il peut être scolarisé en milieu ordinaire dans le cadre d’une scolarisation individuelle ou collective (ULIS – Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire), en établissement médico-social (visionner notre reportage dans un IME) ou encore suivre un enseignement à distance (en savoir plus). « Derrière les chiffres très positifs d’une meilleure inclusion des élèves, des difficultés persistent », ajoute-t-il. Il souligne notamment l’affaissement des effectifs tout au long du parcours du scolaire : « le nombre d’élèves décroît progressivement après la maternelle car la stabilité de leur parcours est plus fragile que les autres ».

Une professionnalisation de la fonction des accompagnants

« Professionnaliser la fonction des accompagnants » était l’un des défis pointé dès 2013 par le rapport de Pénélope Komitès car « ces personnels ont été recrutés à des niveaux de formation initiale divers et dans un cadre d’emploi précaire » (consulter le rapport). Selon José Puig, « l’accompagnement humain s’est amélioré avec la possibilité, depuis 2013, de pérenniser les emplois d’AESH (Accompagnant d’Élève en Situation de Handicap) et la création en 2016 du DEAES (Diplôme d’État d’Accompagnant Éducatif et Social), même si ce nouveau diplôme, à ce jour, se révèle encore insuffisant pour professionnaliser efficacement ces acteurs ».

Une formation pour tous les personnels

Dans le cadre de l’application de la loi de 2005, la Fédération des Autonomes de Solidarité et l’INS HEA ont formulé dès 2007 plusieurs propositions en termes de formation des personnels. Parmi celles-ci figuraient, « une formation spécifique dans le cadre de la formation initiale pour tous les personnels », tout en proposant que « des moments de formation en commun puissent réunir l’ensemble des personnels d’un établissement ». « La formation initiale des personnels était absente de la loi de 2005, mais la loi sur la refondation de l’école a inscrit l’obligation pour les ESPE de créer des modules sur les élèves en situation de besoins particuliers », rappelle José Puig. Depuis 2013, ces modules se déploient progressivement dans les ESPE (Écoles supérieures du professorat et de l’éducation). Comme le souligne José Puig, « le handicap n’est pas simplement l’affaire d’enseignants spécialisés, il concerne tous les acteurs de l’école ». Le rôle des enseignants spécialisés évolue quant à lui vers « un rôle de conseil, de personne ressource pour les autres enseignants ». « L’enjeu de ces modules de formation est de diffuser une culture inclusive à tous les niveaux (de la maternelle à l’université) et pour tous les personnels », conclut-il.