Pourquoi un partenariat a-t-il été noué entre Solidarité Laïque et la FAS ?

Anne-Marie Harster : Solidarité Laïque a été créée voilà plus de 60 ans par des organisations liées à l’école publique et à l’économie sociale et solidaire. Ce collectif est constitué aujourd’hui de 52 organisations, dont la FAS. Elles ont missionné Solidarité Laïque pour mettre en place des actions et des programmes qui favorisent l’inclusion et la dignité des personnes, luttent contre les discriminations et favorisent l’accès à une éducation de qualité pour chacun et chacune. Avec sa cinquantaine de salariés, en France et dans ses bureaux à l’international, Solidarité Laïque agit aujourd’hui dans une vingtaine de pays. Parmi eux, la France où ensemble nous soutenons le départ en vacances des plus démunis et produisons des outils pédagogiques pour éduquer les enfants et les jeunes à la citoyenneté. La FAS, en tant que membre de notre collectif laïque, nous aide à mieux faire connaître auprès de ses publics ce que nous réalisons, mais aussi à défendre les valeurs de laïcité, de fraternité et de solidarité. Par exemple, nous luttons contre la marchandisation de l’éducation, une tendance qui se renforce partout dans le monde.  La FAS est alors en capacité de relayer cette mobilisation des organisations de la société civile auprès de ses adhérents. De même, quand Solidarité Laïque lance un appel à dons d’urgence, elle propose à ses adhérents de participer à l’élan de solidarité. Sans cet engagement de la communauté éducative et laïque, nous ne pourrions agir aussi efficacement auprès des victimes des catastrophes climatiques ou des conflits.

Roger Crucq : La FAS a depuis de longues années, choisi de partager le chemin avec Solidarité Laïque. Elle complète ainsi sa propre action au service de l’école, de ses élèves et de ses personnels, souvent au-delà des frontières de notre seul pays. Nous agissons pour une école apaisée tout en réaffirmant notre volonté de contribuer à une action éducative sereine à l’abri des dysfonctionnements relationnels ou des incompréhensions. Nous avons récemment travaillé ensemble à un partage de connaissances sur les conditions d’accueil à l’école des enfants de migrants. C’est par ce type d’actions que nous traduisons notre attachement mutuel. Anne-Marie le rappelle, nous relayons aussi les actions de Solidarité Laïque auprès de nos adhérents et de la communauté toute entière avec les moyens dont nous disposons. C’est ainsi ensemble que nous pouvons contribuer à permettre à chaque enfant d’aller à l’école car c’est à l’école qu’il engagera son processus vers sa liberté.

Solidarité Laïque agit sur le champ de l’éducation à la citoyenneté. Quels sont les liens avec la FAS ?

Anne-Marie Harster : Pour Solidarité Laïque, la laïcité, la lutte contre le racisme et la solidarité sont des valeurs essentielles. Sensibiliser dès le plus jeune âge aux valeurs de la République à travers des outils pédagogiques fait sens pour nos deux organisations. Ainsi, le livret « lutter contre les stéréotypes à l’égard des personnes migrantes » qui a été diffusé auprès des enseignants a fédéré de nombreuses organisations, dont la FAS. C’est très important car l’association Solidarité Laïque existe aussi grâce à ses donateurs, en majorité enseignants, qui sont aujourd’hui au nombre de 40 000. Solidarité Laïque entend développer ses actions, notamment en Afrique de l’Ouest et dans le bassin méditerranéen, et les poursuivre en Haïti où, je le rappelle, 9 écoles sur 10 sont privées ! Pour cela, nous avons besoin de soutien.

Quels sont vos grands projets pour 2019 ?

Anne-Marie Harster : Solidarité Laïque compte en 2019 renforcer son soutien aux associations qui accueillent les migrants et les aident matériellement ou dans leurs démarches administratives. De même il nous semble essentiel de défendre le droit des enfants migrants, droit bafoué au sein même de la République. Pour cela, il nous faudra être soutenu par l’ensemble des adhérents des membres et, nous l’espérons, les adhérents de la FAS. Nous préparons activement 2019. L’appel à dons qui est actuellement diffusé par Solidarité Laïque et ses membres en cette fin d’année doit servir à renforcer nos actions solidaires. Car c’est ensemble qu’il sera possible de construire un monde plus juste, riche de ses diversités. A une époque où le repli sur soi et la peur de l’Autre gagnent du terrain, il est urgent de fédérer nos forces et cette confiance dans l’humain !

Roger Crucq : Nous avons soutenu la diffusion du livret « lutter contre les stéréotypes à l’égard des personnes migrantes » car depuis les premières heures de l’histoire de l’Ecole de la République, les Autonomes de Solidarité Laïques sont portées par des militants qui revendiquent que cette école doit être l’école de tous, quelles que soient les différences, quelles que soient les origines, quelles que soient les histoires personnelles. La France, même si certains voudraient conter une autre histoire, ou faire oublier ce que furent les combats et les engagements de ceux qui nous ont précédés, est une terre d’accueil pour ceux qui souffrent et qui ont peur. Notre militantisme pour l’école est total car il en va de la société que nous préparons à nos enfants, une société où chacun doit pouvoir acquérir les moyens de prospérer dans cette République parfois si malmenée. Nos combats aux côtés de Solidarité Laïque sont aussi de cet ordre et nous nous devons les uns et les autres ne jamais y renoncer.

 

VIDEO : découvrir les actions 2018 de Solidarité Laïque :

Suivez l’actualité de Solidarité Laïque sur www.solidarite-laique.org