Tout ce qui porte atteinte à l’honneur, à la considération ou à la dignité d’une personne chargée d’une mission de service public peut constituer une menace. Les menaces peuvent être amplifiées via les réseaux sociaux mais depuis 2021, les personnels sont dorénavant mieux protégés. Quelle est la définition de la menace ou des menaces ? Qu’elles sont les réponses pénales ?

Définition et différentes formes de menaces

Une menace désigne le fait d’exprimer le projet de nuire à autrui (en portant atteinte à ses biens ou à sa personne).

Les menaces doivent être clairement établies et la qualité de la victime doit être apparente ou connue de l’auteur pour que l’infraction soit constituée.

De même, le code pénal distingue, les menaces sans ordre et les menaces avec ordre de remplir une condition.

 

Menace sans ordre ou « simple » (article 222-17 du code pénal)

  • Menace de mort (exemple : « je vais te tuer »)
  • Menace de crime ou de délit à l’encontre de la personne (exemple menacer de violer la personne)

Pour être punissable, la menace doit être soit matérialisée par un écrit (dont les mails ou les SMS), une image (par exemple un émoticône pistolet) ou tout autre objet (par exemple une arme), ou réitérée.
Une menace verbale non matérialisée ou non réitérée ou effectuées avec un geste (par exemple : pointer du doigt en disant « pan, pan, pan ») n’est pas constitutive d’un délit.
La menace de mort est un délit pénalement réprimé si elle répond à des conditions prévues par la loi.

 

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Bon à savoir :

Afin de conserver la traçabilité d’une menace verbale non matérialisée ou non réitérée ou avec geste, l’agent peut déposer une fiche SST sur l’application ARENA.

Menace avec ordre de remplir une condition (article 222-18 du code pénal)

La menace doit être accompagnée d’une condition qui doit être précise et constitue une obligation (un ordre) donné à la victime de faire quelque chose, ou au contraire de ne pas faire.
Les menaces de mort avec condition (exemple : « si tu ne retires pas ta plainte, je te tue »), telles que prévues dans le code pénal, sont plus sévèrement punies car elles restreignent la liberté d’action de la victime, en plus de porter atteinte à son intégrité psychologique.

 

Menace de violences légères

À côté de la menace de commettre un crime ou un délit envers une personne, il existe la menace de commettre des violences contre une personne.

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Bon à savoir :

L’injure et la diffamation sont aussi deux infractions, mais à la différence de la menace, elles ne renferment pas une intention de nuire ni à la personne, ni à ses biens.

Quelles sont les réponses pénales ?

Afin de caractériser l’infraction, il faut que l’auteur des menaces ait eu conscience que ses propos pouvaient faire peur ou influencer la victime.

  • Menace de commettre un crime ou un délit : 6 mois d’emprisonnement et 7 500 Euros d’amende
  • Menace de mort sans condition : porté à 3 ans d’emprisonnement et à 45 000 Euros d’amende
  • Menace avec ordre de remplir une condition : 3 ans d’emprisonnement et à 45 000 Euros d’amende
  • Menace de mort avec ordre de remplir une condition : porté à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 Euros d’amende
  • Menace de commettre des violences : amende prévue pour les contraventions de la 3e classe (450 Euros)

Autres délits punis

  • Délit d’entrave à la fonction d’enseignant : un an d’emprisonnement et de 15 000 Euros d’amende.
  • Délit de mise en danger de la vie d’un agent public par diffusion d’informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle : 3 ans d’emprisonnement et 45 000 Euros d’amende
  • Délit de menaces, violences ou actes d’intimidation : 5 ans d’emprisonnement et 75 000 Euros d’amende
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Bon à savoir :

Pour « tout fait grave impliquant une mise en danger de la sécurité ou de l’intégrité physique ou morale des personnels », les directeurs d’école et les chefs d’établissement doivent effectuer un signalement sur l’application « Faits établissement ».

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Le conseil de L'ASL :

En contactant L’ASL vous serez accompagné dans vos démarches par un militant qui saura vous informer et vous aider, notamment pour la demande de protection fonctionnelle. Vous pourrez le cas échéant être mis en contact avec un avocat conseil de la délégation.

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