David M.*, conseiller principal d’éducation (CPE) dans un lycée, exerce dans le second degré depuis plusieurs années. Adhérent à L’Autonome de Solidarité Laïque, il a sollicité son accompagnement à deux reprises au cours de sa carrière. Pour nous, il revient sur ces situations.

Depuis quand êtes-vous adhérent à L’ASL ? Et pourquoi avez-vous choisi d’adhérer ?

“ Être adhérent, c’est se sentir soutenu dès que l’on entre dans le métier. ”


Je suis adhérent à L’Autonome de Solidarité Laïque depuis mon entrée dans l’Éducation nationale. J’ai commencé comme surveillant dans un collège, avant de devenir CPE quelques années plus tard. Très tôt, on m’a alerté sur les risques inhérents à nos fonctions : relations avec les élèves, les familles, gestion de situations sensibles. L’adhésion m’est apparue comme une évidence. Être adhérent, c’est se sentir soutenu dès que l’on entre dans le métier.

Pouvez-vous nous parler de la problématique à laquelle vous avez été confronté ?

“ J’étais jeune, et je ne savais pas comment réagir sans me mettre en difficulté. ”


La première situation remonte à mes débuts, lorsque j’étais surveillant dans un collège. Une jeune collégienne m’a remis un dessin à caractère enflammé. Sur le moment, j’ai été déstabilisé. J’étais jeune, et je ne savais pas quelle attitude adopter. J’ai compris qu’elle disait à ses amies que j’étais amoureux d’elle, que mon comportement était ambigu, alors que de mon côté, ce n’était pas du tout le cas ! J’étais sympa avec elle comme avec n’importe quel autre élève.

À quel moment avez-vous pris contact avec votre délégation ? Quel a été l’accompagnement de L’ASL ?

“ L’ASL m’a aidé à comprendre comment me protéger dans mon attitude professionnelle. ”


J’ai contacté L’ASL très rapidement, dès que j’ai réalisé que je pouvais me retrouver en difficulté. Mon objectif était d’éviter que la situation ne soit mal interprétée ou ne dégénère. Je voulais savoir comment réagir correctement, quelles précautions prendre, et surtout comment me protéger. J’ai d’abord eu un échange avec la collaboratrice technique de la délégation. Elle a pris le temps de m’écouter longuement, de comprendre précisément le contexte, mon ressenti et mes inquiétudes. Ce premier temps d’écoute a été essentiel, il m’a permis de poser les choses et de ne pas rester seul avec mes doutes. Elle m’a ensuite apporté des premiers conseils concrets : adopter une posture professionnelle irréprochable, ne jamais rester seul avec l’élève concernée, conserver une distance claire, et surtout ne pas banaliser la situation. La délégataire est ensuite intervenue. Formée à la connaissance juridique et elle-même professionnelle de l’éducation, elle connaissait très bien les réalités du terrain. Elle m’a conseillé d’en informer ma hiérarchie, afin de me protéger, et de ne pas gérer cela seul. Elle m’a également recommandé de recevoir l’élève uniquement dans un cadre formel, en présence du chef d’établissement ou d’un autre adulte référent. Grâce à cet accompagnement, j’ai pu adopter une posture professionnelle claire et sécurisante. La situation a été rapidement apaisée et n’a pas eu de suite, précisément parce qu’elle a été traitée avec méthode et prudence.

Vous avez vécu une seconde situation, cette fois en tant que CPE ?

“ Je me suis retrouvé confronté à des propos mensongers qui mettaient en cause mon professionnalisme. ”


Quelques années plus tard, j’ai de nouveau fait appel à L’ASL dans un contexte très différent, cette fois en tant que CPE dans un lycée. J’ai été victime de diffamation. Des propos mensongers ont circulé à mon sujet, laissant entendre que j’avais tenu des paroles déplacées à l’encontre d’un élève lors d’une altercation. Ces propos ont été relayés auprès de certains parents, sur les réseaux sociaux, et sont remontés à la hiérarchie.

J’ai appris l’existence de ces accusations lorsque le chef d’établissement m’a convoqué pour m’en informer. J’ai immédiatement compris que la situation pouvait s’envenimer, car ce type de rumeurs peut rapidement nuire à la réputation et à la carrière d’un personnel d’encadrement.

J’ai contacté à nouveau L’ASL dès que j’ai eu connaissance des faits. Comme lors de la première situation, j’ai d’abord échangé avec la collaboratrice technique, qui m’a écouté et aidé à analyser la situation à froid. Elle m’a ensuite orienté vers la délégataire, qui m’a apporté un éclairage juridique précis : qualification des faits, distinction entre rumeur, diffamation et dénonciation calomnieuse, et les démarches possibles.

Avec leur aide, j’ai pu constituer un dossier, rassembler des éléments factuels comme des témoignages, faire retirer les posts incriminants sur les réseaux sociaux et adopter une communication adaptée avec ma hiérarchie.

Où en est le dossier aujourd’hui ?

“ Dans les fonctions de CPE ou d’encadrement, nous sommes régulièrement confrontés à des situations de tension. ”


Les accusations se sont révélées infondées, le principal intéressé ayant finalement reconnu son mensonge, et n’ont pas donné lieu à des poursuites. Mais cette réactivité m’a permis de me protéger efficacement et d’éviter que la situation ne prenne une ampleur excessive.

À chaque fois que j’ai sollicité L’ASL, j’ai trouvé des interlocuteurs à l’écoute, bienveillants et compétents. Que ce soit pour de simples conseils ou pour un accompagnement plus poussé, j’ai toujours été soutenu.

Dans les métiers du second degré, et en particulier dans les fonctions de CPE ou d’encadrement, nous sommes régulièrement confrontés à des situations de tension. Les risques les plus importants sont les dérapages, qu’ils soient verbaux ou qu’il s’agisse d’un geste déplacé. Ça peut arriver à tout le monde. Ce n’est pas toujours facile de se maîtriser quand on a des élèves bien énervés en face de soi. Ce sont dans ces circonstances-là qu’on est le plus en danger. Le fait d’être adhérent à L’ASL permet à chacun de savoir qu’il y a des gens qui ont vécu les mêmes choses et ont été accompagnés, et que les militants peuvent nous comprendre et nous aider. Savoir que l’on peut compter sur L’Autonome de Solidarité Laïque permet d’exercer son métier avec davantage de sérénité.

* Par souci d’anonymat, le prénom a été modifié

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